lundi 5 novembre 2018

Congé paternité : le souffle nouveau de la génération Y

"Si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un", disait Alice au pays des merveilles.
Allumez votre poste de radio, écoutez les infos et forcément, ça vous frappera : ça ne tourne pas très rond là-dedans.
Puis écoutez ce que dit Patrice Bonfy, ce père fondateur du site lepaternel.com et dites-vous que tout n'est pas complètement foutu. Dans cette video du site Aufeminin.com, il développe l'idée que les hommes de sa génération - la génération Y - ont passé le cap de l'égalité entre les hommes et les femmes, que pour eux, c'est une évidence et qu'à partir de là, il est naturel pour eux de s'investir plus au sein du foyer, auprès des enfants, etc. Mais, dit-il fort justement, avec un congé parental standard de 3 jours à la naissance + 11 indemnisés par la Sécurité sociale, on crée "un déséquilibre fondamental" dans l'accueil du bébé : la mère devient par la force des choses "experte en parentalité" tandis que le père reste dans le rôle de "l'assistant débutant". Dès la naissance de l'enfant, les dés sont pipés.

Capture écran Aufeminin.com

C'est la raison pour laquelle il plaide pour un congé de naissance obligatoire du père de deux semaines ou plus (selon la situation médicale de la mère). A la suite de quoi "les pères doivent être en mesure, sans sacrifice financier, de consacrer à l’accueil de leur enfant un temps éloigné de l’entreprise quasi égal à celui des mères ; ils doivent aussi être mis en situation de responsabilité principale dans leur foyer, pour ne pas rester « assistants » de la maman chargée mentalement". Patrice Bonfy suggère du coup, au-delà des deux semaines de congé de naissance obligatoire, la création d'un congé parental d'accueil d'une durée de huit semaines, qui serait pris en charge par la Sécurité sociale et que le père ne pourrait prendre qu'une fois que la mère aura repris le travail.

En instaurant une telle philosophie de l'accueil des bébés, on développerait une meilleure répartition des rôles dans les familles, le père sortant alors de son rôle d'assistant pour prendre toute sa place. Ce faisant, on contraindrait les entreprises à avoir un regard différent sur le "risque parentalité" de leurs employés, ce qui s’avérerait moins stigmatisant pour les femmes dans leur carrière professionnelle.

Des pères plus impliqués à la maison et partageant la charge parentale et mentale, des employeurs contraints de reconsidérer leur façon d'appréhender la parentalité de leurs employés, des femmes libérées du plafond de verre... Une vision du monde, sinon idéale, au moins plus égalitaire, plus équilibrée. Patrice Bonfy a publié une tribune en ce sens, que nous sommes 86 hommes et femmes à avoir signé à ce jour. Et vous, vous signez quand ?

==> Je signe la tribune

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