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mardi 12 juin 2018

Carrie et Bridget ont pris vingt ans... et nous aussi.

Nous sommes en pleine période de célébrations. Dans quelques semaines, la France soufflera les vingt bougies de sa victoire lors de la coupe du monde de football de 1998. Mais pas que ! Il y a vingt ans, apparaissaient sur nos petits écrans les visages de Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte, les quatre copines de la série américaine Sex and the city. Elles étaient belles, argentées, libérées. Elles étaient très amies, se confiaient tout, parlaient amour et sexualité, faisaient du shopping. Elles étaient drôles, vivaient sans contraintes. Des filles bien dans leurs talons hauts, leurs décolletés plongeants et leurs jupes à froufrous - est-il besoin de souligner que le jupon en tulle de Carrie n'est toujours pas passé de mode, en témoigne la dernière publicité Dior avec Natalie Portman ?



Sex and the city donnait à voir des filles de leur époque, dynamiques, ambitieuses et volontaires, assumant leurs choix. Mais néanmoins à la recherche du prince charmant, 94 épisodes durant. Même topo trois ans plus tard avec Bridget Jones qui a un job sympa, vit à Londres, a une bande d'amis qui l'entourent beaucoup - pas uniquement des filles cette fois-ci -, a des relations amoureuses pas simples comme Carrie et ses copines. Citadine elle aussi, Bridget a cependant des difficultés que les personnages de Sex and the city n'ont pas : elle a des soucis d'acceptation de son corps et est souvent maladroite. Cela étant, Bridget, Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte  renvoient l'image de jeunes femmes modernes, qui travaillent et soucieuses de leur avenir. Ces héroïnes s'adressaient aux jeunes femmes de la génération X, leur montrant la réussite des working girls - les filles de Sex and the city sont journaliste, avocate, attachée de presse et galériste - sans nécessairement d'appui masculin qui n'apparaissent finalement utiles que sous le prisme amoureux.



Quoi qu'il en soit, ces héroïnes-là ont pris vingt ans. Et nous aussi. Le personnage de fiction qui s'adresserait de nos jours aux femmes de la génération X - les quadras d'aujourd'hui donc - reste à inventer. Quid aussi des héroïnes des femmes de la génération Y ? Quelles sont-elles et qu'elles images donnent-elles de la femme d'aujourd'hui ?

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vendredi 24 novembre 2017

Société de consommation : la femme aux poches percées

Black friday par-ci, black friday par-là !
Ce vendredi 24 novembre, c'est donc le "black friday", une journée commerciale dont le concept vient d'outre-Atlantique. C'est la journée qui suit Thansgiving et à partir de laquelle les emplettes pour Noël peuvent commencer. Arrivée dans un passé récent en France, cette journée a d'ores et déjà conquis l'ensemble des grosses enseignes du pays, au détriment des petits artisans qui évidemment, eux, ne peuvent pas se permettre de vendre à prix cassés, mais c'est un autre sujet.

Le Black friday vient donc s'ajouter aux grosses périodes de soldes de janvier et juillet et aux kyrielles d'évènements commerciaux et ventes privées que les magasins de tout poil se doivent d'organiser dans l'année. Ca fait beaucoup.

Les marques communiquent à outrance à l'occasion de ces divers évènements, à grand renfort de spots radio, télé, d'affiches et autres mails. Et que donnent-ils à voir ? Je vous le donne en mille... ça :

Photo parue dans Le Figaro il y a quelques jours.
Très, trop souvent, c'est à madame que l'on accroche de nombreux sacs aux poignées. C'est forcément madame qui fait du shopping, de façon compulsive. C'est elle la dépensière, elle qui a les poches percées. Forcément, monsieur, lui, est quelqu'un de sérieux qui fait très attention à son porte-monnaie.

Le cinéma et les séries télé sont à l'avenant. Julia Roberts dans Pretty woman ne semble jamais si heureuse que lorsqu'elle essaie des vêtements et la série Sex and the city repose beaucoup sur l'importance du shopping. 

Sex and the city

(Bon, je vous l'accorde, dans le roman American psycho, le "héros" Patrick Bateman est très accro aux vêtements et dépense à tour de bras... Mais c'est un psychopathe.)

Les hommes, donc, de manière générale, ne seraient pas amateurs de shopping et de fringues ? C'est tout simplement faux. Et ce n'est pas moi qui le dis mais Opinionway qui, dans un sondage réalisé en mai dernier, pour le site Vide dressing affirme que 71% des hommes sont prêts à investir 100 euros dans un vêtement contre 21% des femmes. Globalement, les femmes achètent plus de vêtements que les hommes mais ce sont des pièces moins chères, vêtements qu'elles seront d'ailleurs plus enclines à revendre ensuite, bien plus que les hommes. Pourquoi donc, continuer à associer l'image des femmes au shopping ?


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lundi 10 décembre 2018

Le célibat des femmes brillantes, une fatalité ?

Les femmes brillantes, ayant suivi de longues études et débuté une carrière intéressante ont-elles vocation à rester célibataires ?
En 2018, c'est un fait, les femmes sont de plus en plus nombreuses, en Occident en tout cas, à sortir des grandes écoles et des filières universitaires prestigieuses. Elles entrent plus tardivement que leurs aînées sur le marché du travail et du coup, ne ressentent l'envie de "se caser" et de fonder une famille que plus tardivement également.

Et alors, me direz-vous ? Où est le problème ?
Dans un article de mai 2016 paru dans le Sunday Times (Young, attractive, educated, female - and single), la journaliste Ellie Austin racontait combien pour ses amies et elle, cet état de fait questionne. Ces jeunes femmes avaient toutes poursuivi leurs études à Londres et à 26 ou 27 ans, elles avaient toutes de super jobs et étaient toutes célibataires. "Pour nous, ce n'est pas un choix", assurait la journaliste selon qui, toutes autant qu'elles sont, ne trouvent tout simplement pas chaussures à leurs pieds. Selon son analyse, plusieurs facteurs concourent à ce célibat non-désiré. D'abord, durant leurs études, elles ont clairement privilégié leur vie intellectuelle et les hommes ne rentraient en ligne de compte. Pas de place à l'agenda pour eux. Aujourd'hui, elles mènent de jolies carrières, gagnent bien leur vie et du coup, elles effraient les hommes parce qu'ils sentent bien qu'ils n'ont pas le niveau. D'ailleurs, elles aussi ont du mal à estimer que les gars qu'elles rencontrent en valent la peine. Ayant pris l'habitude d'un niveau d'exigence élevé - pendant leurs études et leur début de carrière -, elles ne sauraient se contenter de qui que ce soit de "médiocre" auprès d'elles. "Nous sommes sans doute coupables de transférer nos tendances perfectionnistes dans notre quête d'amour", analyse Ellie Austin.

Ellie Austin et ses amies, photo Muir Vidler

De surcroît, pendant le temps des études de ces jeunes femmes, les hommes de leur âge aussi étudiaient ou travaillaient. Eux aussi ont pris l'habitude du célibat. Et ce, dans un monde où les sites internet de rencontres et autres applications type Tinder battent leur plein. "Un seul coup d'oeil à leur smartphone et ils découvrent un déluge de jolies femmes", témoigne Chloe, dans cet article du Sunday times. Or, ce type d'applications est l'opposé de la recherche d'une vraie relation, assure de son côté Candace Bushnell, la romancière, auteure de Sex and the city. Elle-même est célibataire, elle a près de 60 ans, et affirme avoir rencontré de très nombreux hommes âgés de moins de 30 ans via Tinder. Elle considère qu'au vu de son âge, la question d'une relation sérieuse avec ces messieurs est de suite balayée. "Je crois que c'est pour cela qu'ils me choisissent. Je ne suis pas une menace en termes d'engagement". Ce que confirme Robbie pour qui il est clair que quand tu commences à faire des promesses à une femme de 27 ans, "tu te retrouves très vite enfermé dans un mariage, avec des enfants".

A la fois, Ellie Austin et ses amies n'ont pas nécessairement pour objectif de faire un beau mariage. "Je n'ai pas l'intention d'avoir une vie professionnelle statique, alors pourquoi devrais-je avoir une vie privée bien rangée ?", admet Chloe. Et la journaliste de se rappeler du mantra asséné pendant ses études supérieures : "N'épouse pas le premier ministre, sois le premier ministre".

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vendredi 15 septembre 2017

Petit guide de survie à l’usage des jeunes mères actives




« Maintenant que Rachel (de Friends) et Miranda (de Sex and the city) exhibent leurs bébés et que Madonna et Catherine Zeta-Jones se font photographier en trimballant leur mouflet avec la désinvolture que confère un sac Prada, une nouvelle pression s’exerce sur nous. Vous pouvez avoir l’illusion – ô combien dangereuse – qu’il est possible d’être une mère aimante qui, de surcroît, travaille, tout en restant chic et digne de paraître dans Gala. C’est aussi faux que de croire qu’une femme active peut se transformer en fée du logis qui allaite en toute sérénité simplement parce qu’elle a accouché ».

Dans « Comment ne pas être une mère parfaite » - publié en 1986 et réédité au début des années 2000, la journaliste britannique Libby Purves tente, souvent avec humour, de décrire ce qu’est vraiment la vie de mère au quotidien. Et cherche à montrer, avec force anecdotes, à quel point il est vain de vouloir tout faire bien. Une perte de temps, estime-t-elle, préférant le ludique, le pratique, le système D et l’entraide.



Elle raconte aussi comment elle a tant bien que mal concilié sa vie professionnelle et sa vie de maman. « Le fait de travailler implique simplement de faire d’innombrables compromis et de renoncer à son temps libre », explique-t-elle. « Ça demande de l’organisation et beaucoup de sacrifices. C’est rarement un choix égoïste, à quelques exceptions près. Mais ne vous attendez pas non plus à ce que l’on ait pitié de vous. Peu de gens oseront vous dire en face que « vous avez les dents longues », mais beaucoup le penseront tout bas en faisant la vaisselle. Ils oublient que vous aussi, vous avez de la vaisselle à faire. Et qu’elle vous attend toujours à la fin d’une longue journée de travail. »

Libby Purves témoigne également à propos de la culpabilité que ressentent forcément, à un moment ou l’autre, les mamans. « Quand mes enfants étaient petits, je supportais de les laisser pleurnicher quand je travaillais pour eux, que je changeais les draps du berceau ou que j’étendais une lessive, mais ne supportais pas d’entendre ce même bruit pendant que je lisais le journal. De même, maintenant, je suis incapable de les laisser pour aller nager ou faire une promenade. C’est supportable quand il faut que j’aille travailler, mais dès qu’il s’agit de mon plaisir, c’est affreux. (…) Je me sens toujours coupable quand je ne rentre pas tout de suite à la maison après le travail, mais je me sens aussi exaspérée de ne jamais rien pouvoir faire sans les enfants. »

Qu’en est-il de son mari ? On ne le saura pas. Car si la journaliste détaille, pendant 250 pages, l’art d’être maman, le recours aux nounous, la vie quotidienne avec enfants, elle n’évoque pour ainsi dire pas du tout le rôle que peuvent/doivent avoir les pères. Comme si l’arrivée du bébé ou l’éducation de leur enfant ne les concernait pas. Quand bien même ce livre a initialement été publié il y a 30 ans, cette omission n’en demeure pas moins hallucinante.