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lundi 10 avril 2017

Bad mum ou #happymama : quel genre de maman êtes-vous ?


A ma gauche, les "mamans heureuses" - #happymama - ont envahi les réseaux sociaux. Elles sont magnifiques, apprêtées, elles ont toujours l'idée qui va bien pour faire de la fête d'anniversaire du petit dernier un évènement. Elles ont une maison super bien décorée, une cuisine nickel alors qu'elles viennent de préparer un super repas pour quinze personnes. Elles ont le sourire et  pourraient participer aux campagnes de pub du Comptoir des cotonniers dans un duo mère/fille absolument craquant.


En mars 2015, le magazine Elle publie un article intitulé : Phénomène : qui sont les #happymama ? Et démonte en flêche cette mode absolument insupportable et culpabilisante pour les mamans "normales". On y lit ainsi, sans feindre la jubilation, que la #happymama "concilie avec grâce carrière, escapades amoureuses et cours de violon sur poney le mercredi après-midi. Sa caractéristique principale : l’irrépressible besoin de partager chaque instant de son existence parfaite sur les  réseaux, en clamant, de façon un peu suspecte, que tout ce qu’elle fait la rend incroyablement heureuse". La #happymama nous les brise, donc.

A ma droite, les bad mum, celles qui oublient, qui sont systématiquement en retard, avec de la bave de bébé sur l'épaule et dont les frasques et maladresses font rigoler les copines mais agacent parfois leurs enfants. Il y a quelques jours, ma fille me dit : "Quand c'est Kate qui nous emmène à la danse, on est tout le temps en retard". Avec Kate, on se partage la corvée du taxi pour le cours de danse une semaine sur deux. Pleine d'auto-dérision, elle admet : "Je cours tout le temps. L'autre jour à l'école, les enfants devaient venir déguisés. J'ai oublié. Nous étions deux mamans dans ce cas. Bad mums !"

Kate est en retard au cours de danse, elle oublie les déguisements, achète les cadeaux d'anniv' au dernier moment... Mais quand même, quand sa fille a choisi de fêter ses 6 ans au centre équestre, Kate ne s'est pas démontée : elle a mis 8 heures à préparer le gateau d'anniversaire. Un superbe gateau avec glaçage en forme de tête de cheval. Un véritable challenge. De quoi faire oublier, aux yeux de sa fille émerveillée, tous les retards de maman.


 Pour en rire :




vendredi 12 octobre 2018

Scoop : la mère parfaite n'existe pas !

16h30, quelque part en France. Une petite fille de 4 ans, que l'on appellera Alice, sort de l'école avec sa maman. L'enfant  pleurniche, se plaint que quelque chose la gratte. Elle entreprend d'enlever son pantalon dans la rue tant ce "quelque chose" la gêne. Le regard de sa maman, plein de lassitude, croise le mien. On ne se connaît pas. Elle me dit : "il y a des jours où vraiment, on est ravi de s'être organisé pour récupérer ses enfants à 16h30. Vraiment. Je sens que la fin de journée va être haute en couleurs". Alice continue de râler. Sa maman lui dit, avec un peu d'ironie : "Ecoute, on ne se déshabille pas dans la rue. Il va falloir que tu souffres en silence jusqu'à ce que l'on soit à la maison". Bien que lasse, manifestement fatiguée, cette femme gère la situation avec calme. Peu à peu, Alice cesse de se plaindre.

Dessin Mathou. Travail à suivre ici : Crayon d'humeur

Plus loin, une maman pète un câble. Manifestement, son fils s'est mal comporté à l'école et la mère vient de le gronder et de lui annoncer qu'il est privé de jeux vidéos. Lui aussi se met à pleurnicher. Elle crie : "Je t'avais prévenu. Fallait pas faire le con, fallait pas me chercher".

Deux salles, deux ambiances...

Evidemment, la façon de réagir de la maman d'Alice est hautement préférable, au sens où elle a gardé son calme mais néanmoins réagi de suite à la crise de son enfant. Mais autant être clair, il nous arrive à tous de réagir comme la seconde maman, dans une certaine mesure, même si l'on prône l'éducation bienveillante, la communication et le dialogue harmonieux avec ses enfants. Comment pourrait-il en être autrement ? Et sans doute ne sommes-nous pas rares à culpabiliser de nous être emportés contre notre gamin parce que son comportement n'a pas, à un instant donné, été celui que l'on attendait. Il n'est qu'un enfant et il n'y est pour rien si notre journée a été compliquée, si on s'est levé du pied gauche ou si on a des soucis. 

Et pourtant, autant personne n'a jugé la mère d'Alice sur la façon dont elle a réglé le problème - d'ailleurs personne ne s'est aperçu de quoi que ce soit, je crois -, autant beaucoup de regards désapprobateurs se sont portés sur la seconde maman. Sans doute que sa réaction était disproportionnée par rapport au comportement de son fils. Mais est-ce que cela fait d'elle une mauvaise mère a priori ? En la dévisageant comme tout le monde l'a fait à ce moment-là, on lui signifiait tout le mal que la société pense des adultes qui s'emportent ainsi sur leurs enfants. Comment a-t-elle perçu ces regards, qu'a-t-elle pensé ?


Lire aussi :
Bad mum ou #happymama : quel genre de maman êtes-vous ?
Les enfants et la rate au court-bouillon
Petit guide de survie à l'usage des jeunes mères actives
Enfant malade : qui s'y colle ?

vendredi 15 janvier 2021

La conscience coupable des mères

Le saviez-vous, l'imaginiez-vous ? Les actrices et les chanteuses aussi ont des difficultés à concilier vie de famille et vie professionnelle. Elles aussi sont régulièrement tiraillées entre ce qu'elles souhaitent pouvoir réaliser professionnellement et ce qu'elles veulent pour leurs enfants. Alors bien entendu on me rétorquera que ces femmes ont les moyens financiers leur permettant de trouver des solutions logistiques. Soit. Mais c'est pas ça qui vous permet de câliner vos enfants ou de partager un moment de complicité avec eux.

En 2005, alors qu'elle tourne le film Golden door à Buenos Aires en Argentine, l'actrice française Charlotte Gainsbourg souffre d'être séparée de ses enfants. Elle s'en veut et se demande si elle a bien fait d'accepter ce tournage. Dans le second tome de son journal intime (Post-scriptum : journal, 1982-2013, Fayard), sa mère, Jane Birkin écrit à ce sujet : "la voilà sur son cinquième film cette année, et c'est quand même elle qui les a emmenés à l'école chaque matin pendant le tournage du film avec Auteuil. Pas un égoïsme sur son sommeil et les trucs comme ça". Et à propos d'Yvan Attal, mari de Charlotte Gainsbourg et père de leurs trois enfants, elle ajoute : "il dit qu'elle change d'avis, mais tout le monde change d'avis, tout le monde veut faire des films et être avec ses enfants. Les pères n'ont pas une conscience coupable encastrée en eux comme un frigidaire qui t'empêche de dormir, et ça a toujours été ainsi. Je suis sûre qu'il va pouvoir être le père qui prend soin des enfants pendant ces trois mois".

  

"Une conscience coupable encastrée comme un frigidaire". Oui, sans doute que c'est ce truc-là qui fait que les femmes se sentent continuellement partagées, avec ce sentiment de n'être jamais là où il le faudrait, là où on devrait, là où on a besoin de nous, là où on a envie d'être. Pourquoi les hommes n'ont pas cette conscience-là ? Est-ce que les femmes peuvent déloger ce frigidaire, se libérer de ce poids-là ?


Lire aussi :

jeudi 12 septembre 2019

Ce que vos enfants diront de vous

Il en a plusieurs fois été question sur ce blog, pour que les femmes ayant des enfants puissent concilier aussi bien que possible leur vie professionnelle et leur vie privée, elles ont besoin de pouvoir s'appuyer sur leur compagnon - ou leur compagne, le cas échéant. Les hommes de la génération Y l'ont bien compris qui s'investissent de plus en plus auprès des enfants et plus largement, dans les responsabilités du foyer (lire ou relire : Congé paternité : le souffle nouveau de la génération Y ). Mais qu'en est-il des pères des générations précédentes ? Comment se comportaient-ils ? Quel genre de pères étaient-ils ? Que retiennent d'eux leurs enfants ?

Sur Twitter, le compte humoristique "Questions Trapenard" - compte non officiel qui pose des questions à la manière du journaliste radio Augustin Trapenard - vient de lâcher un pavé dans la mare. Il posait hier cette question-là : "Quel genre de père est-ce que vous avez eu, vous ?" Evidemment, les réponses des internautes ne sont en rien représentatifs de la société française et il y a sans doute un biais de taille. Il est vraisemblable que les "twittos" ayant eu un père à peu près dans les clous n'ont pas été tentés de répondre. Mais quand même, les réponses font froid dans le dos. Comme à mon habitude quand je cite les réseaux sociaux, je ne corrige ni l'orthographe ni la grammaire et cette fois, parce que je trouve la liste des réponses globalement effrayante, je copie-colle tous les tweets.



Donc, à la question "Quel genre de père vous avez eu, vous ?", voici ce que les internautes répondent :

- intellectuel et maladroit
- fantasmé... je l'ai très peu connu malheureusement
- alcoolique, violent... bref un mec a oublier
- aimant, intelligent, cultivé et câlin... parti trop tôt...
- celui de la chanson "mon vieux"... avec une pointe de Raimu
- j'ai pas eu le temps de voir, le petit crabe l'a emporté, j'avais 5 ans
- un mort
- un absent
- jamais vu
- absent
- le meilleur
- un con égoïste raciste que j'aime malgré tout
- réservé, intelligent, cultivé, exigeant, dur et aimant. Écorché aussi donc difficile à vivre
- un travailleur social intellectuel et acharné au surmoi sur-développé
- un très bon
- masculin
- ma mère
- un père sévère mais un père siffleur aussi
- d'une méchanceté rare sans jamais avoir levé la main sur moi. Le pire c'est de ne jamais avoir existé à ses yeux.
- Tu veux finir par te suicider ? Non ! alors je me tais...
- le meilleur qui soit
- droit et grand, aussi bien par la taille que par les valeurs. Paradoxalement très folklorique
- bienveillant. Travaillant beaucoup donc trop absent
- dynamique
- plutôt absent, tourné vers les autres, autres que ses enfants. Le costume de "père" surement trop grand, mais une vraie compassion pour des personnes davantage en difficulté. Et c'est son cœur qui l'a lâché le premier. Mon père, cet inconnu.

Parmi ces réponses, dans la majorité des cas donc, les pères sont complètement passés à côté de l'enjeu. Ca fait froid dans le dos. Et c'est vraisemblablement la raison pour laquelle la personne qui se cache derrière ce "Questions Trapenard" a dans la foulée posé la question "Votre mère, quelle femme est-ce qu'elle était?". Voici les réponses :

- elle était tout ce qu'une femme peut être, mais elle a surtout été une guerrière. Pour sa famille, pour les autres, et pour elle-même, quand elle s'est battue durant 7 ans contre un cancer qui devait la battre en quelques semaines. Lucie. Lumière de nos existences.
- veuve à 35 ans avec 6 gosses , un femme avec un trés fort caractère jusqu’à la fin .
- une pervers narcissique
- Elle est toujours une sacrée Ritale. Tendre, forte, avec du caractère, un magnifique sourire et un cœur gros comme ça
- Elle n'était pas, elle est. Une artiste peintre-graveuse de grand talent et au cœur d'or, peu sûre d'elle et qui aurait sûrement connu une notoriété bien plus importante si elle avait été un homme.
- une génie triste
- une battante qui aujourd'hui déteste se voir vieillir
- une femme forte et fragile à la fois
- elle était tout
- une battante
- un mystère
- trop réservée, trop soumise. Paix à son âme
- Une épouse pas une mère, intelligente ça oui. Et néanmoins raciste
- Aucun instinct maternel car a bien morflé dans son enfance. Pas affectueuse du tout. Mais qui sait montrer son amour par la nourriture. La meilleure cuisinière du monde à mes yeux
- je sais pas putain si j'essaye de répondre sincèrement je sens mon eczéma qui revient
- Une artiste de talent
Une épouse passionnée Une enfant gâtée Par ses parents d'abordPar son mari ensuitePas faite pour être mère Toujours autant à côté de la réalité

Voilà qui donne à réfléchir. Et vous, quelle image de vous vous souhaiteriez que vos enfants emportent ?

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- Où il est question du devoir des pères à être là
A quoi ça sert une maman ?
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