lundi 2 juillet 2018

Marlène Schiappa s'offre une cure intensive de soins médiatiques

L'offensive de la communication. Le storytelling ou comment redresser son image, faire passer son propos, promouvoir son action et ses écrits, marquer les esprits avant la trêve estivale. Le tout en maîtrisant son langage, en tournant sa langue dans sa bouche avant de s'exprimer et en s'offrant le luxe de ne pas céder à la tentation de donner son avis sur des questions pour lesquelles vous n'êtes pas supposé vous exprimer. 

Ces derniers jours, Marlène Schiappa a fait tout ça. Par périodes depuis sa nomination au gouvernement, la secrétaire d'Etat à l'égalité femmes - hommes s'est offert des couvertures de journaux et des plateaux télé. Par intermittence, elle se tenait sage comme une image, discrète. C'est ainsi qu'il y a deux et mois et demi, après ce reportage d'Envoyé spécial évoquant une personnalité pas si consensuelle (lire ou relire Marlène Schiappa : quand les langues se délient), Marlène Schiappa s'était faite silencieuse, poursuivant son action sans faire de vagues. 


Image France 2

Et puis ces derniers jours, elle s'est montrée omniprésente. Le Figaro lui a par exemple consacré une balade littéraire (La balade littéraire de Marlène Schiappa); et ce matin, elle était l'invitée de la matinale de Nicolas Demorand sur France Inter, au lendemain de l'entrée de Simone Veil au Panthéon, cérémonie à laquelle bien sûr, elle a assisté. Pendant cette émission de radio, elle a abordé ce rapport sur les violences gynécologiques et obstétricales publié il y a quelques jours et à propos duquel elle ne rebondit pas encore concrètement. Des mesures suivront sans doute mais lesquelles, et quand ? Pour l'heure, elle se contente de décréter que "l'accouchement doit pouvoir se vivre sans traumatisme" et qu'il faut "faire en sorte que le corps des femmes leur appartienne". Soit. Et donc ?

Son urgence du moment, c'est le passage au Sénat cette semaine de son projet de loi autour du harcèlement de rue, sans doute plus ardu que ça ne l'a été à l'Assemblée nationale ( lire ou relire Violences sexuelles : guerre de chapelles entre le gouvernement et le Sénat). Et puis d'autres sujets viendront, tels que celui sur les retraites. Selon la secrétaire d'Etat, on compte en moyenne un écart de pension de retraite de l'ordre de 37% entre les femmes et les hommes en France, un taux supérieur à la moyenne européenne. En cause notamment : les années où les femmes cessent de travailler pour s'occuper des enfants. Une réflexion est actuellement menée sur ce sujet par Jean-Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites. "C'est une urgence évidemment", affirme Marlène Schiappa qui assure par ailleurs que les pensions de reversion ne seront pas supprimées comme cela a pu être évoqué dernièrement.

Enfin, et plus largement, c'est toute une réflexion philosophique et sociétale qu'il importe d'avoir autour de la notion d'égalité entre les femmes et les hommes. "Comment faire pour qu'on ne soit pas assigné à une identité de genre avec les stéréotypes de genre qui vont avec?", demande-elle ce matin, en accord avec tout le propos qu'elle a tenu dans l'émission de Laurent Ruquier, On n'est pas couché, diffusé ce 30 juin sur France 2. Plus d'une heure durant, Marlène Schiappa s'y est en effet exprimée autour de la place des femmes dans la société, autour du regard qu'on leur porte, à ce que l'on attend d'elles. Les femmes doivent pouvoir avoir la vie qu'elles entendent mener, dira en substance la secrétaire d'Etat, ne pas être entravées au prétexte qu'elles sont femmes. Mais autant elle affirme que les femmes doivent pouvoir travailler sans être jugées et avoir de hautes fonctions si elles souhaitent, autant elle admet sa propre contradiction : elle se sent coupable de ne pas être auprès de ses enfants. La maternité, elle en est persuadée, c'est bien cela : une succession d'injonctions contradictoires. Et voilà que, s'exprimant à ce sujet, elle se fait couper la parole par l'acteur Jean-Claude Van Damme. Un moment de télé qui évidemment ce matin, fait le buzz, ne grandit pas vraiment l'acteur et offre l'opportunité à la secrétaire d'Etat d'expliquer une situation que toutes les femmes ont vécu un jour :



A défaut d'autre chose, sur ce terrain-là, Marlène Schiappa ne s'est pas laissée intimider et a eu le dernier mot. Sur ce terrain-là, elle a représenté les 52% de la population française que sont les femmes. 

Lire aussi :






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire