lundi 30 avril 2018

Et la place des hommes, alors ?

"Aujourd'hui, les femmes n'ont plus besoin d'un homme dans leur vie. Elles peuvent tout assumer seules". Alors que j'échangeais sur la place des femmes dans la société avec un homme, c'est lui qui a prononcé cette phrase. Cela lui apparaissait comme une évidence. Les femmes peuvent faire de brillantes études si elles le souhaitent, elles peuvent décider d'avoir un enfant ou pas, de partager la vie d'un homme ou pas, elles peuvent faire le travail qu'elles souhaitent, pourvoir à leurs besoins. Quand elles veulent, où elles veulent, comme elles veulent. Elles peuvent par conséquent tout à fait se passer des hommes. C'est l'analyse que développe la journaliste Hanna Rosin dans "The end of men" (lire ici : Le temps des "working girls"). Mais dans la bouche d'un homme, le propos vaut son pesant de cacahuètes. 



Marié, il est le père de deux enfants - un garçon et une fille - et à demi-mots, il questionne la place des hommes dans la société. Pour lui, il devient peu à peu clair qu'à mesure que les femmes s'affirment, les hommes sont ébranlés et cherchent à leur tour leur place. Si elles sont capables de subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs enfants, quelle est la plus-value de l'homme au sein du foyer ? Pour lui, si les femmes n'ont plus besoin de personne pour pourvoir à leurs besoins financiers, alors les hommes doivent revoir la place qu'ils entendent occuper, opérer une mise à jour, une modernisation, en quelque sorte. Dans cette petite révolution, on trouve pêle-mêle, suggère-t-il, la lutte contre le sexisme et contre les violences faites aux femmes, l'implication croissante des hommes dans la vie domestique, dans la prise en charge des enfants, comme une réponse à leur besoin de se sentir utiles, non plus par leur porte-monnaie mais bien par leurs qualités humaines.

Si les femmes réfléchissent sans cesse à la balance entre leur vie professionnelle et leur vie familiale, la recherche d'équilibre s'opère aussi au sein même du couple, les hommes ayant également à équilibrer les choses et ajuster leurs rôles, dans la sphère professionnelle et la sphère familiale.

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jeudi 12 avril 2018

Faire des enfants ou pas, le paradoxe écolo

La Terre compte plus de 7, 5 milliards d'êtres humains. Autant de bouches à nourrir. Un chiffre en constante progression, une évolution vertigineuse. Si certains pays ont une population très jeune, ce n'est pas le cas de tous. La France, par exemple, est vieillissante et a besoin que chacune des femmes en âge de procréer ait deux enfants pour assurer le renouvellement de sa population. En-deçà, c'est la cata.

Mais si on regarde à l'échelle de la planète et non simplement à celle de notre cher hexagone, il ressort que nous allons tout droit dans le mur. "Chaque jour, on compte 244.000 nouvelles personnes de plus dans le monde, soit + 2,7 par seconde. Autrement dit, la population mondiale s'accroît chaque année de près de 89 millions d'habitants grâce à un nombre de naissances supérieur (150 millions) à celui des décès (61 millions)", peut-on lire sur le site Planetoscope.com. Des chiffres vertigineux. Le tout sur une planète d'ores et déjà hyper polluée, où les ressources se raréfient. 

Image Callie Beusman, emprunt Broadly Vice

Face à cela, les Terriens développent une analyse contrastée. Pour certains, notre planète est à ce point "dans la merde" que la prudence veut que l'on arrête de faire des enfants (voir ici : Our planet is so fucked that some women are choosing not to have kids). Selon cette vision du monde, réduire le nombre de naissances diminue - ou plutôt, n'augmente pas - les déchets, de même que cela réduit les ressources alimentaires nécessaires. A gros trait, partant du principe que ce sont les êtres humains qui détruisent la planète, si on limite leur nombre, alors on préserve autant que faire se peut la planète.

Mais il existe une autre vision du monde, qui se targue elle aussi de vouloir respecter la nature. C'est  notamment celle de l'Eglise - devrais-je dire des Eglises ? - selon qui on respecte le corps des femmes comme on respecte la nature, comprenant les ressources naturelles, les végétaux mais aussi les espèces animales. Si l'on respecte les espèces animales et que l'on oeuvre à ce que les espèces menacées ne disparaissent pas, alors on doit en faire autant avec les humains. Dans cette vision du monde, c'est en vertu de ce principe de sauvegarde de la planète et de toutes ces espèces qu'il convient de faire des enfants. Et voici que revient le conflit philosophique entre nature et culture.

Cela étant, quand ils projettent de faire des enfants, combien sont les couples qui se posent la question de savoir ce que sera l'impact de leur enfant sur l'état de la planète ? Ou quand ils choisissent de ne pas en avoir, combien d'humains expliquent ne pas en vouloir pour préserver la Terre déjà si saccagée ?

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mercredi 11 avril 2018

Sorties scolaires : le casse-tête des parents accompagnateurs

"Maman, maman, on a une sortie scolaire au zoo. On a besoin de parents pour nous accompagner. Dis, tu vas venir ?"
Cette phrase, on l'a tous entendue et chaque fois, ça pique un peu. Soit tu peux/veux y aller et donc tu vas poser une journée de congé - ce qui amputera le solde que tu comptais réserver pour les congés d'été mais bon, ça fait partie du jeu quand on décide d'avoir des enfants hein -, soit tu ne peux/veux pas y aller et ton môme sera hyper déçu que maman (ou papa) ne puisse pas se libérer pour l'accompagner avec ses copains voir des animaux en cage alors qu'il y a des mamans ou des papas qui eux, sont toujours volontaires ou disponibles pour les sorties. "C'est toujours pareil, t'es jamais là", entendrez-vous de la bouche de Minus.

Mieux, quand Minus est à la maternelle et que le cycle piscine se profile, il faut plusieurs parents accompagnateurs chaque semaine, parents ayant par avance passé leur agrément à la piscine du coin pour avoir le droit d'accompagner la classe. Et forcément, quand on se donne la peine de passer l'agrément, c'est pas pour ne l'utiliser qu'une fois, pour une séance. Alors on se rend disponible pour plusieurs séances. 

S'il n'y a pas un nombre suffisant de parents disponibles pour accompagner les enfants à la piscine, c'est tout le cycle de natation qui se trouve menacé, sécurité oblige. Et du coup, il règne un sentiment de culpabilité générale parmi les parents d'élèves. Les bruits de couloir vont bon train : "Dans la classe de madame Tartempion, les parents sont nazes, ils ne sont pas fichus de se dégager du temps pour accompagner leurs mômes à la piscine". Les fautifs courbent l'échine, les autres bombent le torse. D'un côté les mauvais parents qui bossent trop, de l'autre les parents géniaux qui savent privilégier leurs enfants et s'imposer face à leur patron.



Bizarrement, s'il se prépare une super sortie de fin d'année, la liste des parents volontaires sera longue. A la fois, c'est quand même plus simple de dégager une journée entière en fin d'année scolaire que plusieurs demi-journées d'affilée pour aller à la piscine ou deux heures deci-delà pour encadrer la sortie bibliothèque. En toute logique, l'enseignant(e) privilégiera les adultes qui se sont déjà portés volontaires au fur et à mesure de l'année, comme une récompense pour services rendus à l'Education nationale. Et c'est très bien comme ça.

Il n'empêche, quand on est parent d'élèves, on a sans cesse à gérer ces situations-là, partagés entre d'un côté l'envie de faire plaisir à son enfant, d'observer la vie de la classe et les relations entre les enfants et d'aider l'enseignant(e) et de l'autre le souhait de ne pas "gâcher" un jour de congé pour une journée où de toutes façons, on ne profitera pas de son enfant mais où on aura à arbitrer des conflits entre enfants que l'on ne connaît pas nécessairement, à s'assurer du respect des règles de sécurité, etc.

Sans compter que plus on a d'enfants, plus on multiplie les appels à l'encadrement de sorties scolaires, avec dans un coin de tête l'idée de ne pas accompagner plus la classe de Minus 1 que celle de Minus 2 ou Minus 3...

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mardi 10 avril 2018

Témoignage - Entre travail et famille, la société ambivalente

On a beau avoir un poste à responsabilité, on doit parfois manoeuvrer pour concilier sa vie professionnelle et sa vie familiale et opérer des choix, prioriser ce qui compte vraiment, à ses yeux. Justine est directrice adjointe de la bibliothèque municipale d'une ville de 50.000 habitants. Un job intellectuellement intéressant, polyvalent, où les actions menées participent qui plus est à la vie culturelle de la commune. 

Justine est également la maman de trois enfants et, quand son deuxième bébé est venu au monde, elle a fait le choix de travailler à 80%. Elle travaillait donc les mardis, jeudis, vendredis et samedis, de 8h30 à 17h30, avec une pause méridienne d'une heure. Un rythme de travail plutôt confortable donc, mais bien parce que Justine a choisi de ne plus travailler les mercredis. Si elle n'avait pas fait ce choix, sa vie de famille en aurait pâti puisqu'elle aurait du travailler du mardi au samedi.

Visuel Coup de pouce / Shutterstock


Or, bien que passionnée par son job, la priorité de Justine demeure sa famille :"je tiens à voir mes enfants grandir, ne pas avoir de regrets plus tard ! On a 40 ans devant nous pour bosser, quelques mois seulement pour les accompagner dans la vie, au début… et puis c’est dur de tout faire en même temps, ma priorité reste ma famille", développe-t-elle, tout en insistant aussi pour dire qu'il lui semble "important de garder pied dans le monde du travail, de cotiser pour la retraite, d’avoir une vraie activité « intellectuelle » à moi,  une « fonction sociale », de se sentir utile". Une équation une fois de plus pas toujours évidente à assumer, symptomatique à ses yeux de l'ambivalence de la société. 

De son point de vue, si l'on a généralement un regard méprisant sur les femmes au foyer, on juge guère mieux les femmes qui travaillent : "d’un côté on trouvera bien qu’elles mènent tout de front, de l’autre on leur reprochera toujours de ne pas tout faire pour leurs enfants". "C'est comme pour la réforme des rythmes scolaires", ajoute-t-elle : "on ne cesse de nous dire que l’enfant est mieux à la maison, qu'il faut le récupérer le plus tôt possible alors que dans le même temps, on nous encourage à travailler". Justine ne se plaint pas : elle est parvenue à équilibrer son rythme de travail avec son souhait d'être présente pour ses enfants. Ce qui, elle le sait, n'est pas si fréquent. 


Lire d'autres témoignages :
- Le sentiment d'être une "mère indigne"  

Et toujours, l'appel à téoignages : questionnaire

lundi 9 avril 2018

Education - Des trucs de filles, des trucs de garçons

C'était la "mignonnerie" du week-end, pour reprendre ce mot inventé à la mode dans les blogs et autres sites de DIY. Ma fille fêtait ses 8 ans avec ses amis. Elle avait choisi d'inviter 6 filles et 1 seul et unique garçon. Même pas son amoureux, juste un petit garçon qu'elle aime beaucoup, parce qu'il est drôle et gentil. Il a fallu trouver une activité-phare pour cette fête et ma chouquette étant amatrice de loisirs créatifs, prévoir quelque chose de manuel. Notre choix s'est porté sur un atelier porte-clé en feutrine. Les enfants allaient choisir un modèle d'animal ou une forme à découper dans la feutrine de leur choix, coudre des boutons pour les yeux, prévoir un recto et un verso entre lesquels on insèrerait ensuite de la ouate pour que ça fasse un petit effet bombé, choisir un ruban pour relier l'objet créé à l'anneau du porte-clé, etc.

Le petit garçon étant du genre un peu vif, nous n'étions pas tout à fait sûrs qu'il resterait en place pendant les deux heures de l'atelier. On avait imaginé qu'il préfèrerait s'éclipser pour aller jouer au Lego, par exemple. Surprise, ce ne fut pas le cas. Mieux, de toutes les créations réalisées, la sienne était la plus compliquée à concevoir. Il a choisi de réaliser un oiseau, sélectionnant pour cela 4 couleurs de feutrine différentes : une pour le corps, une pour les ailes, une pour la queue, une pour le bec. Certes, il n'a pas eu le temps d'aller au bout de son projet, mais il s'est appliqué, a cousu chaque partie consciencieusement, avec des points réguliers et discrets quand plusieurs filles s'arrachaient les cheveux et s'emmêlaient les pinceaux. Une fois l'anniversaire terminé, il a demandé à sa mère qu'elle lui achète le nécessaire pour réaliser de nouvelles choses de ce type. 

Comme quoi, avec un fil, une aiguille, de la feutrine et un peu d'imagination, il est possible d'occuper un garçon de 8 ans pendant deux heures. A aucun moment il n'a dit que la couture, c'était un truc de fille, de même que les petites filles présentes n'ont pas non plus jugé qu'il n'avait pas sa place autour de la table. Ce qui, au fond, questionne un peu : à quel âge les enfants se mettent-ils à classer les activités ou les métiers en deux colonnes, garçons et filles ? Quel est le facteur déclencheur ? Où se trouve le curseur et comment l'actionne-t-on ?

Les jugements de valeur sont plus précoces cela dit dans d'autres domaines, tels que le sport. A l'école de mes enfants, il leur est proposé, pendant la longue récréation de mi-journée, de jouer au foot. Ma fille et ses copines n'y vont pas. C'est pour les garçons, dénigrent-elles. A l'inverse, quand mon fils raconte qu'il a fait un an de danse et qu'il aimerait bien reprendre cette activité, il se trouve toujours des enfants pour en rire. Dans les écoles de danse, les garçons sont rarissimes en France. Ce qui n'est pas du tout le cas au Royaume-Uni par exemple où la présence de garçons dans les cours de ballet ou de jazz n'est pas du tout anecdotique. A quoi ça tient ? Et surtout, comment corriger le tir ?

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vendredi 6 avril 2018

Les enfants, une affaire de femmes

"La maternité change tout" dans votre vie. Devenir maman, c'est changer de manière de voir le monde, c'est regarder la vie au travers de nouvelles lunettes, c'est revoir ses priorités, c'est appréhender l'avenir différemment, c'est se souvenir de son enfance avec un regard tout neuf. Dans une interview à Gala ("Devenir parent, c'est renoncer à beaucoup de projections et de fantasmes", Marie Drucker, co-auteure d'un livre sur la maternité - "Maman pour le meilleur et pour le reste", paru en 2016 - confie tout cela. Quand on est soi-même maman, on acquiesce évidemment. C'est vrai, quand on a des enfants, il se passe tout ça et plus encore...

Mais quand on devient père, il se passe quoi ?
Où sont les interviews d'hommes célèbres sur le sujet qui racontent leur quotidien entre couches et biberons ? Où sont les livres récits de ces bouleversements dans la vie des hommes ? 
On ne va pas se mentir, quand on devient père, la vie change du tout au tout, aussi. Certes, on ne subit pas de bouleversements physiques (encore que, je peux citer un certain nombre d'hommes autour de moi ayant connu des épisodes de couvades... ;-)), mais quand même. On devient "chef de famille" l'air de rien (cynisme sur l'expression, voir article publié hier sur le sexisme dans la langue : Le sexisme et la langue).

 Subitement, on n'est plus supposé se comporter comme un adolescent attardé, on devient quelqu'un de forcément responsable, sur les épaules duquel pèsent un certain nombre de choses. Pourtant, si l'on en croit les medias, rien, il ne se passe rien. A tout le moins, on n'en parle pas. Pas mieux du côté des essais littéraires, hormis cet ouvrage publié en 1999 - il y a presque 20 ans !!! -, "Les pères ont des enfants", retranscription de plusieurs heures de conversations entre le philosophe Alain Etchegoyen et Jean-Jacques Goldman.

A nouveau, comment se fait-il que lorsqu'une femme célèbre attend un enfant, la Terre entière est au courant mais quand un homme célèbre va devenir père, c'est silence radio ?
Prenez Kate Middleton et son prince de mari, William, héritier du Trône britannique. Kate est enceinte pour la troisième fois et devrait accoucher tout prochainement. Si vous tapez son nom dans votre moteur de recherche préféré, vous tomberez sur d'innombrables articles la concernant et concernant ses enfants. Faites en autant avec son mari et vous ne trouverez que très peu de mentions relatives à sa paternité. Le message collectif renvoyé est d'un conservatisme atterrant : les enfants, définitivement, restent une affaire de femmes...

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- La télé et l'image des femmes : les stéréotypes de la pub
- La femme, douce et aimante, forcément
- Sexisme ordinaire, aux portes de l'école

jeudi 5 avril 2018

Le sexisme et la langue

Comment ne pas s'interroger sur certaines expressions de la langue française ? "Tomber enceinte", comme si c'était un accident, une chute. "Se faire violer", comme si on était responsable de cette agression. Pourquoi ne pas dire "elle a été violée", "on l'a violée", plutôt que : "elle s'est fait violer" ? La façon dont on s'exprime communément est orientée. Si l'on y prend garde, on fait preuve d'un sexisme évident, même lorsque l'on est femme.

C'est un travail auquel s'adonne la linguiste Florence Montreynaud. Cette féministe qui a lancé le mouvement des Chiennes de garde, vient de publier "Le roi des cons - Quand la langue française fait mal aux femmes". Elle y décortique des expressions courantes. Par exemple, "J'aime les femmes" veut surtout dire "je ne suis pas pédé", observe-t-elle, soulignant que l'on peut lire, dans des nécrologies d'hommes célèbres : "Il aimait la vitesse, les chevaux et les femmes". Oui mais voilà, à propos d'une femme, écrirait-on : "elle aimait l'alpinisme, les crocodiles et les hommes" ? Et Florence Montreynaud de répondre : "Certes non, car une femme qui "aime les hommes" est aussi qualifiée de nymphomane".



De la même façon, à propos des "violences faites aux femmes", la linguiste encourage à plutôt dire "les violences contre les femmes", "faites" étant un participe passé "neutre et plat", quand "contre" est un adverbe bien plus engageant en termes de sens et de portée.
Ne pas dire non plus "femmes battues" car alors on s'économise de dire par qui, mais préférer "victimes de violences du mari". Le coupable est nommé. Il doit assumer.

Dans la vie quotidienne, quand on aborde la question du partage des tâches à la maison, on utilise souvent le verbe "aider". Jules aide Jeanne à la maison ? Non, Jules prend sa part des tâches à la maison. La maison n'est pas le pré carré de Jeanne. Cette maison est la leur, à tous les deux.

A nouveau, comme dans le débat autour de l'écriture inclusive, on observe que la richesse de la langue française nous permet de contourner facilement les travers sexistes du langage. Si nous y prêtons attention, nous corrigerons cette vision du monde enfermée dans le point de vue du mâle dominant.

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mercredi 4 avril 2018

Ahhh, les mercredis...

"Je hais les mercredis!". Cette phrase, on l'a tous souvent entendue, dans la bouche de mamans qui travaillent et dans celle de mamans qui ne travaillent pas. Le mercredi, ce "jour des enfants" où tout repose sur eux, où l'on court un peu partout pour emmener ses chères têtes blondes à leurs activités sportives ou artistiques, chez leurs copains ou pire, où l'on reçoit les copains à la maison ! Cette dernière option, c'est si maman - ou papa - ne travaille pas. 

Quand on travaille, il faut faire preuve d'une ingéniosité à toute épreuve pour permettre à la prunelle de vos yeux d'aller à son cours de basket qu'il affectionne tant au beau milieu de l'après-midi ou de participer à ce goûter improvisé chez son meilleur copain. Prévenir donc la garderie qu'aujourd'hui, c'est la maman ou le papa de Machin-chose qui le récupèrera exceptionnellement. Et donc croiser les doigts pour que tout se passe comme prévu et qu'on ne vous appelle pas au milieu de votre réunion pour savoir pourquoi votre enfant n'est pas à la garderie alors qu'il était inscrit et que ce matin, il était en classe. Bref, le bazar.

Si vous ne travaillez pas ou si vous travaillez à domicile tout en gardant un oeil sur votre progéniture, le mercredi, c'est pas le jour idéal pour faire sa compta. Difficile de rester concentré plus de 2 minutes 30.

En ce qui me concerne, je n'ai pas encore clairement tranché la question : est-ce que je hais les mercredis ? Je ne sais pas trop. Difficile de prétendre que je les attends avec impatience ces journées-là. A la fois, je trouve intéressante cette coupure dans la routine hebdomadaire. La journée s'organise différemment. Ce n'est pas un mal. Bon, une routine du mercredi s'est malgré tout installée mais elle est différente des autres jours de la semaine.

A la rentrée prochaine, pour beaucoup de familles, ce sera le retour de la semaine à quatre jours (pour en savoir plus, voir ici : Pourquoi la semaine de 4 jours prépare-t-elle son grand retour à la rentrée scolaire 2018 ? ). Et donc pour les marmottes, ce sera une journée dans la semaine où l'on pourra éviter de faire sonner le réveil. Bonheur. Les pro-"semaine de 4 jours" soutiennent que les enfants seront moins fatigués. Il semble que ça ne vaille que pour les enfants qui ne vont pas en garderie car pour ceux qui y vont, le réveil sonnera le mercredi comme les autres jours. Certes, ils ne travailleront pas ce jour-là mais il est difficile de croire qu'une journée en garderie, dans le brouhaha incessant de dizaines d'enfants qui jouent, n'est pas au moins aussi fatiguant - certes différemment - qu'une journée en classe. Quoi qu'il en soit, il est probable que ceux qui haïssent les mercredis dans leur version actuelle (école le matin), ne se sentiront pas mieux dans leurs baskets une fois le rythme de la semaine de 4 jours retrouvé. Il vous reste quelques mois pour vous préparer, pour envisager une nouvelle organisation...

"La sagesse", rappelait Edouard Baer ce matin sur radio Nova, "c'est d'aimer ce qu'on a"... Et ce qu'on a, ce sont des mercredis après-midi avec les enfants.


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