lundi 24 avril 2017

Stéréotype de genre : le leadership des femmes toujours critiqué

Quoi de plus efficace que de recourir à des stars hollywoodiennes, des "people" pour faire avancer un sujet ?

En 2013, Sheryl Sandberg publie "Lean in" - "En avant toutes" en français. Mais elle ne s'arrête pas là dans son combat féministe. Elle développe une véritable communauté de femmes ambitieuses. Le réseau Lean in essaime un peu partout dans le monde. On en trouve plusieurs en France.
Dans la foulée, en 2014, elle développe une campagne appelée "ban bossy". Bossy est un adjectif dérivé de "boss", le chef. Etre qualifié de "bossy" revient à être considéré comme quelqu'un d'autoritaire. Si une femme est qualifiée de "bossy", alors il faut y voir quelque chose de péjoratif.

En avril 2014, alors qu'elle s'exprime devant les étudiants de Sciences-po Paris, Sheryl Sandberg explique que l'on ne dit pas des hommes qu'ils sont "bossy" tout simplement parce que l'on attend d'eux qu'ils soient des leaders, leur autorité va donc de soi. Mais une femme leader, cela surprend. Pire, dit-elle, un homme qui réussit professionnellement et devient riche sera aimé. Pas une femme. Selon elle, les femmes souffrent de ce qu'elle appelle le "leadership penalty", c'est-à-dire qu'elles sont en quelque sorte pénalisées, sanctionnées si elles sont leaders.

Pour alerter les consciences sur le sujet, Sheryl Sandberg fait appel à des femmes connues pour leur tempérament : la chanteuse Beyonce, l'actrice Jennifer Garner, la femme politique Condoleezza Rice,... Dans un spot court, simple et néanmoins efficace, elle les fait s'exprimer sur le sujet, le mot de la fin étant accordé à Beyonce qui revendique : "I am not bossy, I am the boss". En gros, "je ne suis pas un petit chef, je suis le chef".


Quelques mois plus tard, en septembre 2014, l'actrice Emma Watson, lors de son désormais célèbre discours à l'ONU autour du programme He for She, raconte qu'alors qu'elle avait 8 ans et voulait diriger la pièce de théâtre de l'école, elle a été surnommée "bossy".

Pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas être des leaders, des meneuses, des ambitieuses, sans que ce soit jugé péjoratif ? "Sois belle et tais-toi", c'est un peu daté...

Lire aussi :
- Egalité des sexes, égalité des salaires
- Si vous ne postulez pas, vous n'aurez pas le job
- Le temps des "working girls"
- Inverser la tendance

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire